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Paysage disponible - Olivier Bardoul
[écho 2 à...]
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Bleu le ciel vers la terre et la mer plutôt claire.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Pas d’une vilaine vallée, pas de couleuvres à avaler.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
La pluie si fraîche, la fraise si rouge,
Des chevaux sauvages galopant sur la plage.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Pas de rempart à la cité, pas de case où nous ranger.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Là-haut des oiseaux hauts-perchés,
Et à mes pieds de petites fourmis pas toutes si acharnées.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Des potagers, des pédalos, des cachalots.
Vers l’horizon, sur la banquise, les ours bi-polaires.
Non, pas de solvant déversé dans les eaux, de nitrate à avaler
Ni de sacs plastique dans le ventre des baleines échouées.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Des marmottes, des hyènes à foison, des bisons.
Et vivant, au plus profond des abysses, des résidents sans nom.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Peuplé de loup, de chèvre, de chou.
Un paysage organique sans écran plasma, ni multimédia.
Nos sens pour toute forme de connexion.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Avec des scorpions, des mygales, des varans, et dans une sombre grotte grise
En suspens, une chauve-souris toute mauve.
Sans prédateur humain, sans messie ni prophète, sans aller plus loin,
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Rythmé par les saisons, les moissons.
Un sentier ou butinent les abeilles, des ruches, du miel.
J’ai rêvé d’un paysage disponible,
Ne serait-ce pas plus chouette qu’un parc d’attraction ?
Un paysage disponible.
Passant par là - Olivier Bardoul
[en écho à...]
Prends à gauche, tourne à droite. Et là, tu passes sous un pont.
Toujours tout droit puis un deuxième. Tu restes dans cet axe puis tu te gares sur le bas-côté, à l’orée du bois. Tu entres par le sentier, tu marches sur le chemin un long moment, tu bifurques.
Tu sautes par-dessus la barrière, traverses la route et une autre barrière à franchir. Là, tu t’engouffres dans la forêt, au fond.
Enlève tes affaires, nu, contemple un moment. Ramasse du bois, les branches mortes, et réunis-les.
Tu te construis une cabane, perchée entre deux arbres aux branchages suffisamment souples mais pas cassantes. Prends comme point d’appui une branche en forme de fourche venant réceptionner les fondations ; supportant ton poids et celui de tes cloisons ; supportant le volume de ton habitacle, le toit sur tes fondations, et résistant aux prises du vent. Tu t’installeras là, en attendant.
Je regarderai l’horizon en contre-bas d’une colline.
Vers cette ligne sensiblement courbe, j’y jetterai mes propres affaires.
Là, il ne se passera rien, rien qu’un long moment. Je ramasserai à nouveau mes vêtements et les jetterai encore, me rapprochant petit à petit de la ligne d’horizon, au plus près.
J’aimerai les voir s’y engouffrer dans cette ligne. Et encore, je m’élancerai.
À l’instant, je contemple comme toi, nu.
Récolte les pierres une à une, place- les en rond, sous ta belle cabane.
Autour de cette circonférence, prépare-toi à m’accueillir, je t’y retrouverai.
On se rejoindra avant que le soleil ne réchauffe la terre.
D’ailleurs, n’est-ce pas déjà commencé ?
[en écho à...]
Prends à gauche, tourne à droite. Et là, tu passes sous un pont.
Toujours tout droit puis un deuxième. Tu restes dans cet axe puis tu te gares sur le bas-côté, à l’orée du bois. Tu entres par le sentier, tu marches sur le chemin un long moment, tu bifurques.
Tu sautes par-dessus la barrière, traverses la route et une autre barrière à franchir. Là, tu t’engouffres dans la forêt, au fond.
Enlève tes affaires, nu, contemple un moment. Ramasse du bois, les branches mortes, et réunis-les.
Tu te construis une cabane, perchée entre deux arbres aux branchages suffisamment souples mais pas cassantes. Prends comme point d’appui une branche en forme de fourche venant réceptionner les fondations ; supportant ton poids et celui de tes cloisons ; supportant le volume de ton habitacle, le toit sur tes fondations, et résistant aux prises du vent. Tu t’installeras là, en attendant.
Je regarderai l’horizon en contre-bas d’une colline.
Vers cette ligne sensiblement courbe, j’y jetterai mes propres affaires.
Là, il ne se passera rien, rien qu’un long moment. Je ramasserai à nouveau mes vêtements et les jetterai encore, me rapprochant petit à petit de la ligne d’horizon, au plus près.
J’aimerai les voir s’y engouffrer dans cette ligne. Et encore, je m’élancerai.
À l’instant, je contemple comme toi, nu.
Récolte les pierres une à une, place- les en rond, sous ta belle cabane.
Autour de cette circonférence, prépare-toi à m’accueillir, je t’y retrouverai.
On se rejoindra avant que le soleil ne réchauffe la terre.
D’ailleurs, n’est-ce pas déjà commencé ?
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